Avez-vous un « reverse mentor » ?

Je tiens à remercier Eric Albert, psychiatre pour cet article paru dans les Echos Business le 6 décembre 2013. Voici pour moi une vague de fond qui signe, j’espère, la fin de l’arrogance et du tout hiérarchique. Si ce mouvement s’avère, c’est une bonne nouvelle pour cette année qui débute …

Les jeunes salariés de la génération Y ont des compétences en matière de communication que les dirigeants plus expérimentés n’ont pas. Ces derniers doivent apprendre auprès des nouveaux embauchés.

mentorat generation y senior

Crédits photo : shutterstock.com
Eric Albert est fondateur de l’Ifas.

Une initiative inhabituelle a été prise par le Comex d’Orange. Chacun de ses membres s’est vu attribuer comme mentor un jeune embauché. Ce dernier a pour mission de les aider à mieux comprendre les codes et les usages des différents réseaux sociaux et technologies afférentes. Ce faisant, le Comex prend acte d’une inversion majeure.

Contrairement à l’éternel modèle de l’apprenti qui mettra vingt ans à reproduire le geste parfait de son maître, le nouvel entrant a des savoirs, des compétences que les dirigeants ayant des décennies d’expérience n’ont pas. Plus encore, ils prennent en compte un mouvement de nature à changer en profondeur le fonctionnement de l’entreprise. Cette fameuse génération Y a une particularité. Tous ceux qui la composent ont, à travers leur pratique des réseaux sociaux, institué de nouveaux codes et modes de relation entre eux. Collaboration, égalité des protagonistes (chacun peut s’exprimer sans hiérarchie des acteurs), stimulé par l’envie, souple, contributif, dans le présent sont les mots clefs de leur fonctionnement. Attention, ce n’est pas seulement pour échanger sur leur dernière soirée ou faire des commentaires sur la tenue de leur star préférée, c’est aussi la base du fonctionnement des systèmes en  « open source » et de toutes sortes de projets lancés par cette génération. Une autre façon de travailler.

Le fait que les membres de toute une génération, partout dans le monde, communiquent entre eux avec de nouveaux codes qui posent différemment les bases de la collaboration va bouleverser les entreprises. Malheureusement, la plupart d’entre elles ne s’en sont pas aperçu. Elles demeurent verticales, centrées sur la performance individuelle, rigides dans leur fonctionnement et considèrent que la pression donne de bien meilleurs résultats que l’envie.

Le vent nouveau apporte la créativité, la souplesse et l’épanouissement des acteurs, quand le modèle traditionnel s’accroche à l’ordre, la contrainte et la reproduction des vieilles recettes. Il ne s’agit donc pas seulement pour les dirigeants d’apprendre les rudiments de cette nouvelle donne. Il leur faut aussi s’interroger sur la façon dont ils peuvent s’en inspirer pour faire évoluer le fonctionnement et le management de leur entreprise. Encore faut-il qu’ils développent cette magnifique audace de renoncer à ce statut de personne providentielle dont on aime tant affubler les dirigeants en France.

 

Eric Albert et Laurence Saunders ont écrit un ouvrage, « Stress.fr », qui a été mon livre-référence lors de la rédaction de mon mémoire de Master II.

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