Les vacances ont été inventées pour ne pas travailler …

‘Mon manager part du principe qu’il doit pouvoir nous joindre pendant les vacances et que nous trouvions cela logique.’

Cette avocate de 27 ans employée d’un gros cabinet a passé une partie de ses vacances dans une chambre d’hôtel à téléphoner à son client. « Le dernier soir, les gens avec qui j’étais en vacances m’attendaient dans le lobby, nous devions aller dîner tous ensemble, je ne pouvais pas raccrocher, j’avais promis à mon manager de vérifier rapidement quelques dossiers qu’elle m’avait envoyés par mail et de rappeler le client. Je dois dire que ceci n’a pas vraiment contribué au succès de mes vacances ».

Elle n’est pas la seule. D’après un institut d’études néerlandais, Multiscope, qui a étudié les habitudes estivales d’un millier de salariés, il apparaît que même en vacances il soit difficile de lâcher son smartphone, 40% des personnes interrogées utilisent Whatsapp au quotidien et un tiers dit continuer normalement à travailler pendant son congé. Lire et répondre aux mails figure dans le Top trois des activités estivales, précédent en deux et en trois les coups de fil aux collègues à propos du travail et les contacts clients.

A quoi ceci est-il du ? Les vacances, c’est justement une période destinée à ne pas travailler n’est-ce pas ? Il est difficile de résister, on a toujours son téléphone sur soi, il y a du Wifi quasiment partout, cela fait bien longtemps qu’on n’a plus besoin de trouver un cybercafé  pour vérifier ses mails. Essayez donc de trouver une destination de vacances où il n’y a pas d’internet !

Cela suppose donc une grande dose de discipline pour ne pas aller voir de temps en temps ce qui se passe au bureau sur son smartphone, par mail interposé. Et puis inconsciemment sans doute, la peur de perdre son emploi, de se voir reprocher une démotivation, n’est jamais très loin … Il n’est pas rare d’entendre un collaborateur dire « si je ne montre pas que je fais mon maximum, la sortie ne sera pas loin« . Sans oublier que les personnes en CDD ne veulent pas risquer de perdre une possibilité d’obtenir un CDI en coupant temporairement avec les affaires courantes.

Se rendre joignable en permanence entraine une surenchère dans les attentes des employeurs et des collaborateurs : même s’il n’est pas dit implicitement que l’on est tenu de se ployer à cette règle non édictée, la possibilité d’un contact « juste au cas où » existe. Ce n’est pas dit, mais chacun part du principe qu’il peut être joint à tout moment.

« Ca me rappelle quelque chose », dit Laura, 28 ans. Employée dans une ONG, elle déclare qu’avant de partir en vacances l’an dernier, les collègues lui suggérèrent de se reposer et d’oublier les emails. Cela n’a pas une multitude de mails s’afficher durant son congé et Laura n’a pas pu faire autrement que d’y répondre. Elle partait en vacances à un moment où il l’ambiance était quelque peu chaotique dans l’entreprise. « Je me sentais coupable de ne pas réagir aux mails et aux appels et je pensais que je pouvais, en consultant mes mails, soulager les collaborateurs toujours en poste ».

Un manager, un employeur est-il fondé à exiger des collaborateurs d’être joignables pendant leurs vacances ? Il n’existe pourtant pas de règle officielle dans ce sens et surtout au nom du droit à la déconnexion, les managers ne doivent pas en principe s’attendre à ce que leurs collaborateurs soient joignables pendant leurs vacances ni surtout soient réactifs. Chacun a droit à se reposer.

D’après une chercheuse universitaire spécialiste dans la psychologie des organisations  de l’université Radboud de Nijmegue (Pays-Bas) les impacts des vacances sur ceux qui ont décroché dès le début de leur congé a permis qu’ils se sentent plus détendus et leur niveau de santé et de bien-être est à son pic au huitième jour de vacances.

En résumé : « même une fois que l’email est envoyé ou que vous avez mis fin à la communication téléphonique, il reste des questions inconsciemment qui continuent à tourner dans les têtes« . C’est dommageable car cela empêche une bonne coupure avec le quotidien professionnel. Les vacances de cette façon ne permettront de récupérer que partiellement d’une fatigue accumulée.  On ne se repose pas suffisamment, ce qui est potentiellement dangereux ; lorsque l’on part déjà plus ou moins fatigué en vacances et qu’ensuite on reste joignable pour un hiérarchique, un manager, des collègues, il n’est pas impossible d’en arriver à une forme de surmenage du fait de n’avoir pas vraiment dételé.

Le fabriquant Daimler Benz (284.015 collaborateurs) a imaginé il y a deux ans une solution pour cesser le flux des mails professionnels: « mail en vacances ». Ce programme efface automatiquement tout email que le collaborateur en congés tenterait de lire à distance.

L’auteur du mail reçoit une information d’absence et la possibilité de contacter le collaborateur. Ce collaborateur, décide d’utiliser ou non cette procédure qui se veut protectrice. Le nombre de collaborateurs sur les 170 454 qui activent ce programme pendant leurs vacances n’est pas connu de Daimler.

Pour ceux qui ne travaillent pas chez Daimler, une posture raisonnable serait de : garder les choses en main : faire en sorte que le travail, les projets à enjeu, dans la mesure du possible, soient bouclés avant votre départ en vacances. Mettez-vous clairement d’accord au bureau en fixant les cas dans lesquels vous êtes joignable. Qui vous remplace ? Qu’attend votre manager de vous durant cette période d’absence ? Posez des règles, ensemble avec votre hiérarchique, et obtenez son accord. Tout se passera au mieux.

Bien sûr, que vous soyez en congé ou non, un certain nombre de problèmes du bureau se produiront. Finalement personne n’est vraiment indispensable, et regarder une fois de temps en temps ses mails est un bon moyen de se rassurer. Simplement parce que cela permet de constater qu’en votre absence, les dossiers continuent à avancer.

Ou alors adaptez votre lieu de vacances. La jeune avocate du début l’a fait : « cette année je suis partie à Los Angeles. A cause de la différence de fuseaux horaires, je n’étais d’aucune utilité pour mon manager. Super vacances ».

Photo Chris Le Grix, juillet 2019

Check list avant votre départ

Sachez qui fera votre back-up

Ill faut savoir qui reprend vos tâches. Il vous faut organiser un réseau autour de votre remplaçant-e de collaborateurs pouvant répondre aux questions et prendre en charge les difficultés toujours possibles.

Sachez ce que l’on attend de vous

Demandez un entretien avec votre manager, pour éviter les mauvaises surprise, l’intérêt sera de discutter des attentes. Réfléchissez-y de votre côté : Est-il indispensable que vous gériez vos mails à distance oubien votre remplaçant-e pourra-t’il-elle le faire ?

Soignez votre message d’absence

Indiquez dans le message les coordonnées du ou de la collègue qui pourra aider votre interlocuteur. Veillez à ce que ses coordonnées soient détaillées et exactes. Ajoutez un jour ou deux à la date annoncée de votre retour pour vous laisser le temps de lire tous les mails que vous aurez laissés en suspens.

Vous comptez quand même travailler ?

Ne vous interdisez pas d’envoyer un mail de temps en temps, faites-le à des heures fixes. Le matin, pas plus d’une heure au total. Ou  à deux jours par semaine fixes. Cela aussi peut se définir ensemble avec les collègues qui restent.

Source : https://www.nrc.nl


Crédit Chris Le Grix

 

 

Fatigue ? Burnout ? Les paris sont ouverts

Voici ce que j’écrivais très exactement il y a 10 ans, le 25 juin 2009.

Quand je pense que je venais de terminer mon mémoire de Master II sur la question …

A vous de me dire : burnoutéé ? Pas burnoutéé ? J’ai retrouvé ces notes dans un journal que je tenais à l’époque, je suis assez édifiée.

« Pour celles et ceux qui ont envie de rire … en même temps c’est vaguement flippant. Alors j’y vais : 

Hier après-midi, dimanche, me sentant fatiguée et mon fils passsant le weekend chez des amis, je n avais aucune logistique à prévoir donc je me suis couchée. Miam miam gros dodo (il devait etre 16h)
Tout d un coup je me réveille : mince, 8H, il est temps que je parte bosser. Et en plus je dois annuler un RV pour Dimitri pour 9H où il ne pourra etre puisqu il s eclate chez les P… et le RV n’ est que pour un certificat pour le sport. Je me douche, m’habille vite fait, pas le temps de me maquiller,j’attrape un paquet de gateaux pour en route en guise de petit-déjeuner, j arive à la gare de mon village. Bizarre, aucun train pour l Etoile, tous pour St Lazare. 20 mn d attente. Tant pis. Je vais à St Lazare, puis prends la ligne 3 jusqu a Villiers puis la 2 jusqu a Victor Hugo et jetermine à pied.


Entre temps j essaye d appeler le médecin de mon fils qui ouvre à 8H30 : répondeur, répondeur, répondeur. Mince ils ont oublié de le désactiver ces andouilles.
Me voilà arrivée au bureau. Je n’y trouve pas l’hotesse mais le veilleur de nuit. Je lui dis : « elle est en retard, Mounie ? » Lui : « non elle bosse pas le dimanche ». Je lui dis : mais on est lundi ! non me dit-il, dimanche. Alice au pays des Merveilles, ça m’a fait le meme effet. Mais j’ai pensé qu’il me faisait une blague.
L’agent d’accueil précise que les ascenseurs ne marchent pas.
Bon je monte à pied au 1er, toujours aucune puce à l’oreille, et je ne peux pas franchir les portes vitrées qui mènent au bureau, verrouilllées les weekends. Qu a cela ne tienne, quelqu’ un du 5e parviendra bien à m ouvrir.
Je monte au 5e. Pas les dames du ménage, pas la jeune femme de l’accueil. Je fais le tour des bureaux, pas un chat, entre-temps il je vois qu’il est 10H du fait du tour par St Lazare et le médecin qui ne répod toujours pas.
Je tombe sur une consultante sénior, Emma, très gentille qui me dit : « dis donc tu bosses tard toi aussi ». Je dis : « non, je viens d arriver, pourquoi » Et elle me dit : c est dimanche.
Je n’ y c omprenais plus rien, j en avais déjà eu un, de dimanche, j avais meme eu mon fils au téléphone qui me demandait de rester chez nos amis jusqu’au lundi alors qu’il n y était que depuis le samedi.

Fortiche quand meme : passer sa soirée en restant 3 heures dans les transports en se croyant lundi matin alors qu’on est dimanche soir 22H. Ce qui m épate, c est que tous les panneaux d’ affichages des gares ont bien dû annoncer 21H quand je suis partie travailler et que je n’aie strictement rien vu.

Bon ce coup ci il est bien 7H ? Je me trompe pas ? »

Travailler en faisant alors que l’on vient de subir une immense perte, comment faire ?

Un soir à Anos – Photographe Pascal Thénault

 

Apprendre à vivre avec son chagrin demande un immense effort. Alors que tout continue, votre propre monde s’arrête. Vraissemblablement vous souhaitez vous efforcer à fonctionner le plus normalement possible mais vous vous rendez rapidement compte que vous mobilisez bien plus de concentration et d’énergie  pour arriver à un résultat et que rien n’est plus du tout « normal ». Cela vient du fait que votre cerveau ne dispose que d’une capacité limitée à encaisser quand il s’agit d’émotions. Par conséquent, vous êtes bien plus rapidement fatigué, irrité et déconcentré qu’en temps normal.

 

Nous sommes tous différents face au chagrin. Vous avez celui qui en parle beaucoup, alors qu’un autre n’en dit rien et s’isole un peu. Un autre encore va complètement s’écrouler. Un autre  va  s’étourdir dans le travail. Quelle est la meilleure façon de vivre avec son chagrin ? Y en a-t’une seulement ? Et comment aborder le travail quand on a autant de peine ? Voici quelques pistes.

1/ Ne vous mettez pas en arrêt maladie

On a beau devoir faire son deuil on n’est pas malade pour autant. Si vous avez tout de même besoin d’un moment de répit, voyez avec votre manager si vous pouvez prendre des vacances sans solde ou exceptionnelles. Ceci pour vous donner le temps de vous reprendre après ce qui vient de vous arriver.

Et ensuite ?

2/ N’attendez pas d’être redevenu « comme avant » pour repartir au travail

En effet ça peut durer longtemps. Il vaut mieux là aussi en parler ouvertement avec votre manager et très vite après l’événement. Examinez ensemble ce qui est réaliste de prévoir, ce que l’un peut attendre de l’autre. Quand reprendre le travail. Et que veut dire pour chacune des parties le mot « travail » en ce moment particulier ?  Est-ce être présent ou est-ce être productif ? Dans quelle mesure ?  Avez-vous la possibilité de réduire un peu la charge de travail ? Si oui, pendant combien de temps ? Et en termes de soutien et de compréhension de la part de votre manager, où est le curseur ? Soyez ouvert sur cette question afin d’éviter tout malentendu. C’est sans doute plus efficace.

3/ Le travail comme ressource

Même si au début votre tête est complètement ailleurs, vous allez vous rendre compte que votre travail peut vous offrir bien des choses. Par exemple de la structure, de la distraction et une forme de sécurité. Et si vous osez le demander, au travail vous trouverez de l’empathie et du soutien.

 

4/ N’écoutez pas uniquement le critique mais aussi le conseiller qui est dans votre coeur

Nous sommes nombreux à être durs avec nous mêmes en période de vulnérabilité (chagrin, colère, déception). Alors nous nous disons « ne fais pas l’enfant » ou « y’a des choses plus graves ». Tout se passe comme s’il y avait deux facettes en nous qui s’opposaient : un « moi » vulnérable  (le critique interne) dont le rôle est de vous protéger contre des critiques extérieures possibles. En vous infligeant constamment des reproches, ceux des autres vous toucheront moins. Avoir un critique interne fort vous évite d’avoir des ennemis à combattre. En plus du reste.

Vous pouvez aussi faire le choix de vous regarder avec l’oeil  du conseiller extérieur, celui qui est aimable, respectueux et bienveillant envers vous, en vous inspirant de l’exemple d’une mère, d’un père … Si vous avez cette capacité, vous vous rendrez compte que vous pourrez vous autoriser davantage d’émotions et mieux vous consoler vous-même.

5/ Soyez prudent sur avec qui et quand vous souhaitez partager votre peine

Bien des personnes n’osent pas partager leur chagrin. Et encore moins au travail. Certaines en revanche se sentent obligées de tout déverser alors que leurs collègues demandent simplement poliment comment ça va. Quel que soit votre cas vous serez malheureux. Dans la première situation vous vous sentirez isolé même avec une vie sociale intense. Cela vient du fait que les contacts que vous nouez restent superficiels. En ne partageant pas votre peine et votre chagrin, vous perdez l’occasion d’établir un lien plus étroit avec quelqu’un à qui vous pourriez confier vos difficultés. Votre « moi » vulnérable reste seul. Si vous vous reconnaissez dans ce comportement, essayez de vous ouvrir un peu plus aux autres. Même si cela ne vous est pas naturel, même si cela vous semble angoissant, vous verrez que le souhtien d’un autre vous fera du bien dans la mesure où vous vous autorisez à le recevoir.

Une deuxième catégorie de personnes court le risque de s’épuiser. Ces individus n’arrivent pas à détourner leur chagrin au travail parce qu’ils passent plus de temps à parler avec des collègues bien intentionnés sur leur perte qu’ils ne le veulent en réalité. Ils se sentent obligés de répondre aux sollicitations bienveillantes et pensent manquer de reconnaissance quand à un moment donné ils souhaiteraient ne pas en parler mais ayant donné des habitudes ils se prêtent au jeu et s’épuisent en répondant  désormais un peu à contre-coeur à ces personnes bienveillantes a priori.

Si vous vous reconnaissez dans ce type de situation, osez poser des limites vis à vis de votre environnement et vous constaterez que vos collègues ne vous en voudront pas du tout contrairement à ce que vous craignez. Cela vous donne un peu d’espace pour recharger vos batteries.

 

D’après Petra van Reek

ttp://www.ikwerkcoaching.nl/professional/blog/Effectief-samenwerken/Werken-terwijl-je-rouwt-om-een-groot-verlies-hoe-doe-je-dat

Reprendre le travail après un burnout

Source : http://www.stressdirections.com

Troublant. Patrick Drouin

Troublant.
Patrick Drouin

Si lors de votre prise de poste, au début, il vous semble tenir la solution à tous vos problèmes, si vous développez de fortes attentes, d’immenses espoirs, et si ce que vous avez envie de faire par-dessus tout c’est de vous surpasser au travail, méfiance. Vous êtes candidat au stress professionnel le plus insidieux et le plus dramatique qui soit, le burnout, c’est à dire un état d’épuisement physique, émotionnel et mental provoqué par des aspirations irréalistes et des objectifs illusoires et impossibles à atteindre.

Le risque de faire un burnout augmente drastiquement en fonction de la personnalité de l’individu, de l’environnement de travail et de la nature du poste. Si êtes doté d’une forte capacité de travail et que vous êtes à 110% en permanence, si vous êtes idéaliste, auto-motivé, orienté résultats par tous les moyens, acharné, persévérant, vous êtes un candidat potentiel. La même chose vaut si vous êtes perfectionniste au point de vous fixer des repères et des exigences irréalistes. Dans un emploi à faible reconnaissance, où les rétributions sont sans rapport avec le travail bien fait, si votre métier est un métier de contact ou un métier à échéances à enjeu, le passage du stade de candidat possible à candidat probable au burnout est quasiment irrémédiable. La route vers le burnout est pavée de bonnes intentions. En soi il n’y a rien de répréhensible à être idéaliste, travailleur, perfectionniste et de vouloir réussir du fait d’une grande motivation et d’un fort respect de la valeur travail, et il n’y a aucune objection à avoir des ambitions et des attentes. On le sait, ces traits de caractère sont jugés comme remarquables et sont valorisés dans notre culture. Là où ça dérape, c’est lorsque l’on touche au manque de réalisme. Des ambitions et des exigences professionnelles excessives envoient tout droit la personne vers la frustration et l’échec. La personnalité du candidat au burnout le ou la maintient dans un effort résolument intense jusqu’à l’implosion.

Le burnout procède par étapes qui se mélangent et se combinent entre elles de façon si peu perceptible que la victime se rend rarement compte ce qu’il lui arrive, même très tard.

Voici les étapes communément décrites pour un burnout :

La lune de miel

Pendant cette phase, tout est extraordinaire. La personne a une énergie sans bornes et son enthousiasme rend tout possible. L’individu adore son poste et réciproquement, elle a l’impression que ce poste va répondre à tous ses besoins et désirs et résoudre toutes ses difficultés. L’individu est enchanté aussi bien par ce métier, ses collègues que l’entreprise où il évolue.

La prise de conscience

La lune de miel fait place à l’étape qui consiste en la prise de conscience du fait que les attentes initiales étaient irréalistes. Le poste n’évolue pas de la façon imaginée et rêvée, il ne répond pas à tous les besoins, les collègues et l’entreprise sont de moins en moins parfaits, les récompenses et la reconnaissance sont souvent les grands absents.

Alors que désillusion et déception enflent, l’esprit de l’individu devient embrouillé. Quelque chose  ne va pas, mais impossible de mettre le doigt dessus. En l’espèce la personne se met à travailler encore davantage pour transformer son rêve en réalité. Mais travailler plus ne change rien et une fatigue de plus en plus intense s’installe, accompagnée de lassitude et de frustration. L’individu remet en question ses compétences, sa légitimité et commence à perdre sérieusement confiance en elle.

Le Brownout (chute de tension)

La tension baisse, et en corollaire l’enthousiasme initial et l’énergie cèdent la place à une fatigue chronique, une propension à être irritable. L’alimentation, le sommeil se modifient et l’individu se réfugie dans des comportements de fuite de type excès de boisson, drogues, sorties nocturnes ou frénésie acheteuse. On assiste à une perte de faculté à prendre des décisions, à une productivité en chute libre. La qualité du travail se détériore et collègues et supérieurs hiérarchiques ne manquent pas de le remarquer.

S’il n’y est pas mis fin, le brouwnout glisse sans remords vers ses ultimes étapes. L’individu est de plus en plus frustré et en colère et attribue aux autres la cause de ses difficultés. Il devient cynique, détaché et ouvertement critique envers l’organisation, ses supérieurs et ses collègues. Il fait l’objet d’une dépression, d’une angoisse et d’un mal-être physique. Les drogues et l’alcool viennent ajouter au problème.

Le Burnout complet

Sauf prise de conscience de dernière minute qui puisse mettre fin au processus ou à moins que quelqu’un n’intervienne, le browout évolue inexorablement vers un burnout complet. La caractéristique de cette étape finale est le désespoir. Ceci peut durer dans le meilleur des cas quelques mois mais la plupart du temps il est question de trois ou quatre ans. Le sujet se sent accablé par un sentiment d’échec et par une perte dévastatrice d’amour propre et de confiance en soi. Dépression, solitude et vide absolu sont le lot de la personne en burnout.

La vie a perdu tout son sens et on ressent un pessimisme paralysant envers le futur, le sentiment d' »à quoi bon ». La personne évoque l’idée de « simplement partir et s’extraire de là ». Elle est épuisée physiquement et mentalement. Des dépressions physiques et mentales sont à craindre. Suicide, AVC, infarctus sont assez fréquents à ce stade ultime de ce qui au début n’était qu’attentes et espoirs démesurés, énergie, optimisme et enthousiasme.

Le phénomène Phénix

Vous pouvez renaître, façon Phénix, des cendres du burnout, mais cela prend du temps. Tout d’abord, il faut du repos et de la détente. Ne pas emporter de travail chez soi, de toutes manières dans un tel état le travail ne se fait pas, et donc vous vous sentiriez de plus en plus coupable et paresseux, alors que vous êtes malade.

Il s’agit d’accepter son attitude, sa colère, son manque de discernement, sa frustration, sa déception, sa dépression, son angoisse, son manque de légitimité et son échec supposés comme faisant partie intégrante du tableau du burnout et cette acceptation est une étape nécessaire à la guérison. Il peut être utile de trouver quelqu’un avec lequel évoquer sa détresse. Un compagnon, un ami de longue date, un coach, un thérapeute. Il est important que chacun comprenne que l’idée est simplement de parler et non pas de trouver la solution pour la personne impactée.

Revenir au travail avec un burnout implique que l’on réajuste ses attentes vis à vis du poste que l’on va reprendre et que l’on revoie ses objectifs. Il s’agit de réviser ses aspirations et ne pas tenter d’être ou de faire ce qui est dicté par autrui, qui est le meilleur moyen de continuer à se sentir frustré et à alimenter le burnout.

Revenir au travail suppose que l’on ait pris du repos, du repos encore et encore

Forêt de Coye Patrick Drouin

Forêt de Coye
Patrick Drouin

Le plus important : il s’agit de trouver un équilibre de vie, d’investir davantage en son temps libre, sa famille, son cercle d’amis, ses activités sociales et ses loisirs. Il faut se déployer de façon à ce que le travail n’ait plus cette influence omniprésente et cet impact délétère sur l’image et la confiance en soi.

 

« Le stress est au burnout ce que la température est à la pneumonie »

Adapté du site http://www.burnoutenstress.nl/

“En cas de pneumonie il est impératif de faire baisser la température qui l’accompagne afin d’éviter toute lésion cérébrale. Mais faire baisser la température n’est pas guérir la pneumonie.

Ceci est valable pour le stress qui accompagne le burnout. Il faut faire baisser le stress pour protéger sa santé, mais diminuer le stress ne résoudra pas la cause sous-jacente au burnout, à savoir un sentiment d’impuissance.
(Dr. Beverly Potter)

Pour savoir si vous êtes un “client” pour un burnout, regardez si vous vous reconnaissez dans les situations suivantes :

balance

  • Avez-vous l’impression d’avoir du mal à vous concentrer?
  • Vous sentez-vous extrêmement fatigué ?
  • Vous sentez-vous souvent irrité ou en colère de façon disproportionnée ?
  • Vous sentez-vous angoissé ou nerveux ?
  • Avez-vous des difficultés à dire non ?
  • Vous fixez-vous des objectifs démesurés ?
  • Etes vous en conflit plus fréquemment que d’habitude avec autrui ?
  • Parvenez-vous à avoir des moments de détente et de Plaisir dans votre vie ?
  • Tout ceci dure-t-il depuis plusieurs mois sans que la situation s’améliore ?

Si vous vous reconnaissez dans la plupart de ces situations et si ce n’est pas nouveau, il y a de fortes chances que vous présentiez tous les symptômes du burnout.

Je rappelle que le burnout peut toucher n’importe qui, en situation professionnelle ou pas. Certaines mères de famille sont en burnout. Certaines personnes sans emploi de la même façon.