Recherche d’un nouveau poste : soyez stratège face à un chasseur de tête

Voici comment vous positionner en stratège

Quiconque se présente à un entretien pour un nouveau poste se trouve confronté à des conflits intérieurs et des paradoxes durant le process de recrutement. Alors qu’ un premier entretien s’est merveilleusement bien passé, le second s’avère décevant. On se sent alors amoindri et le fait de rencontrer de nouveaux interlocuteurs interfère par rapport à ce qui est attendu par l’employeur, par exemple de par des questions  sur des sujets déjà abordés  ; la confiance en soi disparaît d’un coup.

En tant que candidat, vous vous retrouvez durant la procédure de recrutement au contact de personnes aux enjeux différents. Chaque entretien vous soumet à des formes de profilage divergents. Les divers interlocuteurs ont en tête des enjeux qui leur sont propres et s’intéressent à des points spécifiques de votre personnalité. Le fait que le premier entretien ait très bien marché ne veut pas dire que la suite sera aussi évidente et satisfaisante. Vous êtes passé au crible.

Voici comment vous positionner en stratège pour décrocher le poste.

Le chasseur est votre allié

La première personne avec laquelle vous aurez un contact, c’est le chasseur. Son rôle est de satisfaire à la fois son client et son candidat. Il cherche, en deux mots, un CV pertinent. Si vous lui demandez à l’issue du premier entretien ce qu’il pense de votre candidature et quelles sont vos chances, et alors même que la réponse sera probablement positive, ne vous faites aucune illusion. Cette question ne sert pas à grand chose. Il vaut mieux tenter de récupérer autant d’information que possible à propos de ceux qui vont vous interroger ultérieurement si le process continue pour vous.

Lorsque l’on postule, il est impératif de maîtriser trois styles de communication. Vous avez besoin de savoir comment est organisée la procédure, de savoir s’il s’agit d’une création de poste et s’il existe au sein de l’organisation des résistances vis à vis de la fonction ou vis à vis du département au sein duquel ce poste est à pourvoir. Renseignez-vous sur qui vous allez rencontrer au prochain tour. Quels seront leurs points de vigilance ?

Essayez de le savoir.

 Vous êtes devenu l’allié du chasseur, parce que votre succès et la suite du trajet conditionneront son bonus. N’hésitez donc pas à lui demander des astuces et des pistes par rapport au deuxième entretien. Notez systématiquement ce que vous avez retenu de l’entretien ; notez les questions que l’on vous a posées. De toutes façons, prendre des notes pendant un entretien est toujours bien perçu.

Le deuxième entretien

On peut croire que RH et recrutement se confondent, mais en fait ces fonctions s’opposent. Les collaborateurs de la RH sont depuis toujours mobilisés par la compliance et les process. Ils travaillent de façon structurée et ont souvent un mode de pensée réactif et dans l’évitement. Ils sont concentrés sur le détail et sur l’humain.

Il est possible pour ce deuxième entretien qui sera RH que votre interlocuteur ne veuille savoir que deux ou trois choses sur vous. Vous devriez connaître ces questions car elles sont implicitement annoncées dès l’offre d’emploi. Il s’agit de certaines compétences que vous devez détenir et qui vont être testées lors de cet entretien. Par exemple : êtes vous résistant au stress ? Les questions vont porter sur des thématiques qui peuvent ou pas vous déstabiliser. Dans ce genre d’entretien destiné à valider les savoir-faire et savoir-être par rapport au poste, on attend de vous que vous soyez concis et synthétique.

S’il s’agit d’un entretien face à plusieurs personnes, faites en sorte d’établir un authentique contact visuel avec chaque interlocuteur. Il peut se trouver, parmi eux, quelqu’un de particulièrement silencieux, ce qui peut être  une  tactique. L’idée est d’examiner la façon dont vous allez venir chercher la personne dans l’entretien. Si vous vous rendez compte qu’il n’y a pas beaucoup voire quasiment pas de contact entre les divers interlocuteurs il se peut que l' »utilisateur final » ait lui-même fait appel au chasseur mais qu’il ait l’obligation de faire passer le candidat par la case RH. En tant que candidat, à un moment ou à un autre, on entre en contact avec les conflits et les contradictions internes à l’organisation. Il est utile de s’en apercevoir.

Pour s’en apercevoir, entre autres, il est important de savoir gérer trois styles de communication :

3 styles à bien maîtriser

1. Le style humain
Apporter la preuve, faire confiance et se préparer sont les maîtres mots. Prouver en apportant les diplômes et certificats, mais aussi en donnant des exemples tirés de votre expérience. Comment avez-vous géré telle situation ? Comment a réagi l’autre ? Le style se trouve aussi dans les détails, par exemple votre faculté à vous montrer calme et posé en entretien, votre propension à savoir écouter. Savoir laisser s’installer le silence, savoir maintenir le contact visuel, éviter de (trop) sourire. Pour montrer que vous vous êtes préparé, n’hésitez pas à venir au rendez-vous muni d’une copie de l’annonce ainsi que de votre CV. Cela démontrera le soin que vous mettez à vous présenter pour un éventuel poste.

En tant que candidat, vous entrerez en contact, pendant le process de recrutement, avec des enjeux différents.

 2. Le style professionnel
Evitez les longs discours, restez concis, factuel. Ce sont ici  le professionnalisme, les chiffres et les faits qui sont au centre du discours. Montrez votre valeur, votre rapidité, votre souci du résultat.  Montrez votre motivation et reliez-là aux qualités recherchées dans l’offre d’emploi. Vous êtes énergique ? Montrez-le au travers de votre posture et de votre façon d’aborder des questions sensibles. Entrepreneur ? Racontez les initiatives que vous prenez. Veillez s’il s’agit d’une fonction commerciale à parler montants, bonus, prix, pourcentages. Il est possible également que l’on vous soumette à un test de résolution de problème sous la forme de : « imaginons que … ». Faites attention à votre débit de parole et à utiliser à bon escient les moments de silence aménagés par votre interlocuteur.


3. Le métastyle

Il s’agit de la communication à propos de la communication. « Ai-je suffisamment développé ce point ? » ; « Puis-je vous donner un exemple ? » ; « permettez-moi de vous poser une question rapide avant de répondre à la vôtre ». C’est un style que l’on retrouve beaucoup chez les animateurs TV. Mettez des mots sur des situations : « je vois que ça vous touche / vous perturbe un peu ». Cela ressemble à un présupposé, mais exprimer un ressenti permet ensuite d’en parler, de le développer. « j’ai le sentiment de ne pas complètement vous convaincre » est à tenter pour donner à l’entretien une tournure complètement différente.

En restant particulièrement concentré sur les enjeux au sein des organisations, en jouant des différentes styles de communication et en appliquant le métastyle pour dire ce que vous pensez ou ressentez, vous disposerez d’une grande force tout au long du parcours de recrutement.

Photo : Raoul van der Weide
En passant

Une fois n’est pas coutume …

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Saber HAMDI s.hamdi@c3consultants.fr

06 20 68 88 25

Bien cordialement