Travailler en faisant alors que l’on vient de subir une immense perte, comment faire ?

Un soir à Anos – Photographe Pascal Thénault

 

Apprendre à vivre avec son chagrin demande un immense effort. Alors que tout continue, votre propre monde s’arrête. Vraissemblablement vous souhaitez vous efforcer à fonctionner le plus normalement possible mais vous vous rendez rapidement compte que vous mobilisez bien plus de concentration et d’énergie  pour arriver à un résultat et que rien n’est plus du tout « normal ». Cela vient du fait que votre cerveau ne dispose que d’une capacité limitée à encaisser quand il s’agit d’émotions. Par conséquent, vous êtes bien plus rapidement fatigué, irrité et déconcentré qu’en temps normal.

 

Nous sommes tous différents face au chagrin. Vous avez celui qui en parle beaucoup, alors qu’un autre n’en dit rien et s’isole un peu. Un autre encore va complètement s’écrouler. Un autre  va  s’étourdir dans le travail. Quelle est la meilleure façon de vivre avec son chagrin ? Y en a-t’une seulement ? Et comment aborder le travail quand on a autant de peine ? Voici quelques pistes.

1/ Ne vous mettez pas en arrêt maladie

On a beau devoir faire son deuil on n’est pas malade pour autant. Si vous avez tout de même besoin d’un moment de répit, voyez avec votre manager si vous pouvez prendre des vacances sans solde ou exceptionnelles. Ceci pour vous donner le temps de vous reprendre après ce qui vient de vous arriver.

Et ensuite ?

2/ N’attendez pas d’être redevenu « comme avant » pour repartir au travail

En effet ça peut durer longtemps. Il vaut mieux là aussi en parler ouvertement avec votre manager et très vite après l’événement. Examinez ensemble ce qui est réaliste de prévoir, ce que l’un peut attendre de l’autre. Quand reprendre le travail. Et que veut dire pour chacune des parties le mot « travail » en ce moment particulier ?  Est-ce être présent ou est-ce être productif ? Dans quelle mesure ?  Avez-vous la possibilité de réduire un peu la charge de travail ? Si oui, pendant combien de temps ? Et en termes de soutien et de compréhension de la part de votre manager, où est le curseur ? Soyez ouvert sur cette question afin d’éviter tout malentendu. C’est sans doute plus efficace.

3/ Le travail comme ressource

Même si au début votre tête est complètement ailleurs, vous allez vous rendre compte que votre travail peut vous offrir bien des choses. Par exemple de la structure, de la distraction et une forme de sécurité. Et si vous osez le demander, au travail vous trouverez de l’empathie et du soutien.

 

4/ N’écoutez pas uniquement le critique mais aussi le conseiller qui est dans votre coeur

Nous sommes nombreux à être durs avec nous mêmes en période de vulnérabilité (chagrin, colère, déception). Alors nous nous disons « ne fais pas l’enfant » ou « y’a des choses plus graves ». Tout se passe comme s’il y avait deux facettes en nous qui s’opposaient : un « moi » vulnérable  (le critique interne) dont le rôle est de vous protéger contre des critiques extérieures possibles. En vous infligeant constamment des reproches, ceux des autres vous toucheront moins. Avoir un critique interne fort vous évite d’avoir des ennemis à combattre. En plus du reste.

Vous pouvez aussi faire le choix de vous regarder avec l’oeil  du conseiller extérieur, celui qui est aimable, respectueux et bienveillant envers vous, en vous inspirant de l’exemple d’une mère, d’un père … Si vous avez cette capacité, vous vous rendrez compte que vous pourrez vous autoriser davantage d’émotions et mieux vous consoler vous-même.

5/ Soyez prudent sur avec qui et quand vous souhaitez partager votre peine

Bien des personnes n’osent pas partager leur chagrin. Et encore moins au travail. Certaines en revanche se sentent obligées de tout déverser alors que leurs collègues demandent simplement poliment comment ça va. Quel que soit votre cas vous serez malheureux. Dans la première situation vous vous sentirez isolé même avec une vie sociale intense. Cela vient du fait que les contacts que vous nouez restent superficiels. En ne partageant pas votre peine et votre chagrin, vous perdez l’occasion d’établir un lien plus étroit avec quelqu’un à qui vous pourriez confier vos difficultés. Votre « moi » vulnérable reste seul. Si vous vous reconnaissez dans ce comportement, essayez de vous ouvrir un peu plus aux autres. Même si cela ne vous est pas naturel, même si cela vous semble angoissant, vous verrez que le souhtien d’un autre vous fera du bien dans la mesure où vous vous autorisez à le recevoir.

Une deuxième catégorie de personnes court le risque de s’épuiser. Ces individus n’arrivent pas à détourner leur chagrin au travail parce qu’ils passent plus de temps à parler avec des collègues bien intentionnés sur leur perte qu’ils ne le veulent en réalité. Ils se sentent obligés de répondre aux sollicitations bienveillantes et pensent manquer de reconnaissance quand à un moment donné ils souhaiteraient ne pas en parler mais ayant donné des habitudes ils se prêtent au jeu et s’épuisent en répondant  désormais un peu à contre-coeur à ces personnes bienveillantes a priori.

Si vous vous reconnaissez dans ce type de situation, osez poser des limites vis à vis de votre environnement et vous constaterez que vos collègues ne vous en voudront pas du tout contrairement à ce que vous craignez. Cela vous donne un peu d’espace pour recharger vos batteries.

 

D’après Petra van Reek

ttp://www.ikwerkcoaching.nl/professional/blog/Effectief-samenwerken/Werken-terwijl-je-rouwt-om-een-groot-verlies-hoe-doe-je-dat

Brèves de cours …

Vous le savez sans doute, j’enseigne en bac+4 et bac+5 en RH, en management et autres petites choses, dans diverses écoles spécialisées sur la place de Paris à de jeunes alternants.

Je me rends compte que je vieillis à la lumière du vocabulaire que j’utilise et qui n’est pas toujours compris. Quelques exemples :

– les vendanges (que j’ai retrouvées sous forme de « vidange » dans une copie)
– infinitésimal (oui, en même temps, faut pas trop pousser non plus)
– canevas (« ah, Madame, vous voulez dire une trame »)
– aléatoire (je parlais de rémunération et en particulier du variable collectif de type participation et intéressement)

Je constate, aussi, que lorsque je demande une définition, on me répond systématiquement par un exemple. Ainsi, si je m’enquiers de ce que veut dire « avantages en nature » on me répond « véhicule de fonction » ou, pire encore, « tickets restaurant ».

J’ai appris qu’une règle de trois s’appelle désormais un produit en croix. Ce n’est pas pour autant que tout le monde sache en faire une (un). Je suis en train d’apprendre une autre langue mais surtout je me rends compte que la langue s’appauvrit.

Que faut-il faire ? Continuer à manipuler des concepts (tout juste) au risque d’être incomprise ? Ou accepter de niveler par le bas ? Trop rester dans un choix de mots précis mais le plus pertinent possible entraîne systématiquement le désintérêt d’un bon tiers de mes élèves, ils décrochent. Deux sur trois ont un ordinateur, une tablette ou un smartphone, la tentation est donc grande de se détourner de ce que je peux dire en classe.

J’espère qu’ils savent ce que c’est qu’une orchidée …

DSC_0051

Ce qui marche : dire « attention, ça pourrait tomber au partiel ». Est-ce ainsi que l’on motive les professionnels de demain ?

« Le stress est au burnout ce que la température est à la pneumonie »

Adapté du site http://www.burnoutenstress.nl/

“En cas de pneumonie il est impératif de faire baisser la température qui l’accompagne afin d’éviter toute lésion cérébrale. Mais faire baisser la température n’est pas guérir la pneumonie.

Ceci est valable pour le stress qui accompagne le burnout. Il faut faire baisser le stress pour protéger sa santé, mais diminuer le stress ne résoudra pas la cause sous-jacente au burnout, à savoir un sentiment d’impuissance.
(Dr. Beverly Potter)

Pour savoir si vous êtes un “client” pour un burnout, regardez si vous vous reconnaissez dans les situations suivantes :

balance

  • Avez-vous l’impression d’avoir du mal à vous concentrer?
  • Vous sentez-vous extrêmement fatigué ?
  • Vous sentez-vous souvent irrité ou en colère de façon disproportionnée ?
  • Vous sentez-vous angoissé ou nerveux ?
  • Avez-vous des difficultés à dire non ?
  • Vous fixez-vous des objectifs démesurés ?
  • Etes vous en conflit plus fréquemment que d’habitude avec autrui ?
  • Parvenez-vous à avoir des moments de détente et de Plaisir dans votre vie ?
  • Tout ceci dure-t-il depuis plusieurs mois sans que la situation s’améliore ?

Si vous vous reconnaissez dans la plupart de ces situations et si ce n’est pas nouveau, il y a de fortes chances que vous présentiez tous les symptômes du burnout.

Je rappelle que le burnout peut toucher n’importe qui, en situation professionnelle ou pas. Certaines mères de famille sont en burnout. Certaines personnes sans emploi de la même façon.

Un peu de promo …

La revue Cadres et Dirigeants Magazine publie régulièrement des articles sur des sujets en lien avec le travail, le management, le coaching et autres sujets professionnels d’actualité. Il m’arrive d’y écrire quelques lignes. Voici quelques thématiques abordées :

Photo : Boris Imbert, Marenzi

Photo : Boris Imbert, Marenzi

17 raisons d’être encore à Pôle Emploi
3 astuces pour se renseigner sur un employeur
5 questions clés que se pose tout recruteur
8 habitudes à prendre pour trouver un job
Bonheur au travail : trois théories divergentes
Carrière : 10 erreurs à éviter
Comment améliorer son « Personal Branding »
Comment être heureux au travail
Comment rédiger un CV percutant
Trouver un emploi après 40 ans
Entretien de recrutement : 7 raisons d’échec
Et si vos candidatures étaient ennuyeuses ?
Dirigeant : créez votre marque personnelle !
Recherche d’emploi : changez de méthode !
Futur leader, soyez lecteur!
CV : abandonnez les modèles qui tuent !
Se présenter comme le candidat idéal
A qui adresser sa candidature ?
Comment annoncer sa grossesse à son patron

Emploi : 8 erreurs fatales au candidat
Entrepreneur : 9 qualités pour réussir
Emploi : boostez votre visibilité sur LinkedIn !
Emploi : comment réseauter efficacement

Le « zéro papier » économique du cabinet Flynth
Microsoft et Atos testent aux Pays-Bas le «zéro email interne»
Pour vivre longtemps, travaillez plus!

N’hésitez pas à y faire un tour, toujours de bonnes idées, bonnes pratiques et astuces intelligentes à y piocher … quelle que soit votre situation : en poste, en veille active, en recherche, en freelance comme moi.

C’est ici : https://www.cadre-dirigeant-magazine.com/

 

 

Citation

Management : me voilà dans de beaux draps

« On rejoint une entreprise pour son image, on y reste pour l’intérêt du travail, on la quitte à cause de son management. »

Hervé Sérieyxchats

Comment puis-je avoir la prétention de former au management, avec cet enjeu-là ? (il fallait y penser avant, ma vieille, maintenant tu ne peux rien faire de moins que d’assurer !)